Ce qui fait la particularité de la forêt française, c’est sa diversité. Derrière la variété des climats, des roches, des paysages ou encore des sols propres à notre pays, il existe des contextes où chaque arbre a sa place et chaque essence son optimum stationnel.
Au final, ce sont près de 190 espèces d’arbres qui rendent chaque forêt particulière et unique.
Dans le cadre du BTSA Gestion forestière, les étudiants doivent appréhender cette diversité en seulement deux années de formation. L’objectif est de les préparer à la réalité du terrain, car aucun d’eux n’occupera exactement le même poste et parce que chaque conseil forestier doit s’adapter à une essence, à une station, mais aussi à un contexte social, biologique et économique.
Ce jeudi, nous avons quitté les habituelles forêts de montagne qui occupent une grande partie de la Haute-Savoie, ainsi que les forêts plutôt feuillues de l’avant-pays savoyard, pour nous rendre en Chautagne.
Entre le Rhône et le lac du Bourget, les conditions liées à un ancien marais ont permis, au début du siècle dernier, l’installation de la plus grande peupleraie d’Europe ainsi que de la forêt domaniale de Chautagne.
Cette sortie pédagogique a permis aux étudiants en formation forêt de découvrir un contexte forestier totalement différent de ceux rencontrés habituellement.
L’étude de la sylviculture du peuplier était au cœur de cette journée. Les étudiants ont pu observer l’ensemble du cycle de production en passant de parcelle en parcelle afin de comprendre les travaux à réaliser à chaque étape.
Cette visite a également permis d’aborder la notion de cultivar et de comprendre comment, chez le peuplier, la diversité peut aussi s’exprimer dans le mélange de ces cultivars.
Les échanges ont montré combien il est essentiel d’adapter les plantations aux spécificités des stations forestières. En quelques mètres seulement, les conditions peuvent évoluer fortement : certains secteurs étant plus secs, d’autres plus engorgés en eau.
Les étudiants ont aussi pu évoquer la situation particulière des peupleraies, souvent installées à la place d’anciennes ripisylves et aujourd’hui touchées par des dégâts liés aux castors.
La question de leur avenir face au changement climatique a également été abordée, notamment autour des fossés de drainage réalisés autrefois et qu’il devient parfois nécessaire de laisser se reboucher afin de retrouver un fonctionnement hydrologique plus naturel.
Cette journée a aussi été l’occasion de découvrir différentes alternatives sylvicoles expérimentées sur le territoire :
Même si la sylviculture du peuplier possède des caractéristiques particulières, à la frontière entre la forêt et l’agriculture, elle répond finalement aux mêmes grandes logiques que toute gestion forestière :
Cette journée de terrain a une nouvelle fois permis aux étudiants d’enrichir leur compréhension des différentes réalités forestières françaises.
Par cette belle journée de printemps, on ne peut qu’espérer que se dessine, chez les apprenants, le printemps des forêts de demain : des forêts plus vivantes, plus résistantes, plus résilientes et plus diversifiées, quelle que soit l’essence concernée.