Depuis plusieurs années, les études démontrent l’importance essentielle des sols forestiers. Pourtant, ceux-ci peuvent être fragilisés par le passage répété et incontrôlé d’engins d’exploitation.
En effet, le tassement des sols est aujourd’hui reconnu comme une cause de dépérissement de certains arbres. Lorsque le sol est compacté, les racines s’asphyxient. À terme, l’arbre s’affaiblit.
Face à ce constat, les professionnels de la filière forêt-bois adaptent leurs pratiques. L’objectif est clair : exploiter tout en préservant durablement la ressource.
Ainsi, de nouvelles méthodes se développent progressivement. On retrouve notamment les cloisonnements d’exploitation, le débardage à cheval ou encore le débardage par câble aérien.
Longtemps réservée aux zones de montagne, cette dernière technique suscite désormais un intérêt en plaine. Pourquoi ? Parce qu’elle limite fortement le passage d’engins au sol. Elle est donc particulièrement adaptée aux zones humides et aux sols limoneux, très sensibles au tassement.
C’est dans cette logique qu’un chantier expérimental a été mis en place en forêt domaniale de Seillon, à l’initiative de l’Office national des forêts. Pour la deuxième année consécutive, cette exploitation par câble est testée en conditions réelles.
Dans le cadre de leur formation forestière à l’ISETA-ECA, les apprenants ont eu l’opportunité de visiter ce chantier innovant. Cette sortie pédagogique leur a permis de confronter les enseignements théoriques à la réalité du terrain.
Grâce aux explications de Clément Malein, technicien local, les étudiants ont découvert l’organisation spécifique d’un tel chantier. Ils ont notamment abordé le martelage, la planification des lignes de câble et la gestion des flux de bois.
Puis, aux côtés d’Étienne Sellier, câbliste professionnel, ils ont observé l’installation de quatre lignes de câbles. Celles-ci sont déployées perpendiculairement à la route forestière. Ce dispositif permet d’extraire des bois de tout diamètre avant la régénération de la parcelle, tout en limitant l’impact sur les sols.
Au fil de l’après-midi, plusieurs thématiques ont été abordées :
La gestion de la sécurité dans une forêt domaniale très fréquentée
Les techniques d’abattage sécurisées pour les feuillus
Le rendement du matériel
L’analyse économique par rapport à une exploitation traditionnelle
Les contraintes techniques liées au montage des lignes
Les besoins en formation pour maîtriser ces techniques spécifiques
Ainsi, les apprenants ont pu mesurer l’exigence et la technicité de ce type d’exploitation.
Bien sûr, les étudiants auraient aimé voir le câble en fonctionnement. Cependant, le montage et le démontage des lignes demandent du temps. De plus, ces opérations peuvent être retardées par des imprévus techniques. Ce fut le cas ce jour-là.
Néanmoins, l’essentiel n’était pas uniquement dans la démonstration en action. Il résidait surtout dans la compréhension globale du dispositif. Les apprenants ont ainsi découvert qu’une exploitation forestière respectueuse des sols est possible, même en plaine.
Ils ont également perçu l’engagement des professionnels. D’un côté, un technicien motivé par l’innovation. De l’autre, un câbliste passionné, alliant responsabilité, sécurité et efficacité.
Nous remercions chaleureusement les intervenants pour la qualité de leurs échanges. Merci également au bûcheron pour le rappel des techniques d’abattage adaptées aux feuillus et pour sa démonstration.
Enfin, nous saluons l’implication constante de l’ONF dans la formation des jeunes. Grâce à ce partenariat, les apprenants bénéficient d’une formation concrète, ancrée dans les réalités professionnelles.
Car si l’exploitation par câble avait presque disparu, elle redevient aujourd’hui une solution stratégique. Face aux enjeux environnementaux, elle s’impose comme une technique d’avenir.